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Un plaidoyer pour la modernité de la tradition

Jorge Fernández-Santos Ortiz-IribasJorge Fernández-Santos Ortiz-Iribas est architecte et historien de l’architecture. Il a obtenu son diplôme d’architecte à l’université Cornell en 1992, et a été boursier prédoctoral de la Real Academia de España à Rome (2002-2004). Docteur en histoire et philosophie de l’architecture (université de Cambridge, 2005), il a été postdoktorales Forschungsstipendiat de la Gerda Henkel Stiftung (2005-2007). Depuis 2009, il est chercheur dans le cadre du programme « Ramón y Cajal » du ministère de la Science et de l’Innovation, universitat Jaume I. Il vient de terminer une monographie sur le polymathe et théoricien de l’architecture Juan Caramuel y obkowitz, Juan Caramuel y la probable arquitectura, Madrid, CEEH, 2013. Ses recherches actuelles portent sur les rapports artistiques et culturels entre l’Italie, l’Espagne et la France entre 1670 et 1715. Avec Carlos Chocarro Bujanda (université de Navarre), il étudie l’importance de l’historiographie du Baroque dans le développement de nouvelles catégories critiques et discursives « modernes ». Parmi ses publications plus récentes : « Il bel lido luminoso : The Planning of Strada Medinaceli in Naples (1697) », dans Julia Burbulla, Ana-Stanca Tabarasi- Hoffmann (dir.), Gartenkunst und Wissenschaft. Diskurs, Repräsentation, Transformation seit dem Beginn der Frühmoderne, Berne, Peter Lang, 2011, p. 49-88. Ses travaux ont été publiés dans Annali di architettura, Reales Sitios, The Burlington Magazine, Archivo Español de Arte et Goya
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Аннотация

Le début des années 1950 marque un tournant dans l’architecture espagnole. Après la longue décennie d’isolationnisme diplomatique et d’autarcie culturelle qui suivit la fin de la guerre civile en 1939, un accord s’était fait jour sur la nécessité de renouer les liens fragilisés avec la « modernité » architecturale. Or les discours théoriques et les modèles concrets dont on s’inspirait alors ne suscitaient point l’unanimité. Les sessions préparatoires à Madrid et à Grenade qui précédèrent, en 1952, la rédaction du Manifeste de l’Alhambra (1953), montrent la complexité des enjeux. Une relecture de ce texte se doit de prendre en compte les arrière-pensées de son principal inspirateur, Fernando Chueca Goitia, vis-à-vis de l’architecture « organique » alors en vogue. Conçu dans l’espoir de canaliser les rapports des architectes espagnols avec l’internationalisme de l’après-guerre, le Manifeste s’avère un texte paradoxal qui aide à mieux comprendre la fragmentation de la scène architecturale espagnole au milieu du XXe siècle.

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